ALAUNE

 
Plantation : Une haie brise-vent par M.F Voyer
 
 

Différents facteurs ont concouru à la régression du bocage depuis l’après-guerre. L’agrandissement des parcelles, lié ou non aux remembrements, a répondu aux mutations et à la mécanisation de l’agriculture.

C’est pourquoi parfois l’arrachage de quelques haies s’avère nécessaire pour une exploitation viable mais il faut faire attention à ces haies plantées de la main de l’homme qui ont un rôle capital à jouer dans cet équilibre fragile.

 


La destruction de ces arbres et arbustes provoque du même coup un déséquilibre naturel qui peut être un handicap pour l’agriculture (vent, pluie, absence d’abri, carence en nourritures pour certaines espèces) et bien sûr une répercussion néfaste sur la faune et la chasse (disparition des sources de nourriture et des structures de nidification).

Redécouvrir rôle et importance économique des haies :
Le bocage constitue un paysage particulier intime et souriant, c’est un cadre de vie agréable et cette qualité est due essentiellement aux feuillus grâce à la variété des formes, le feuillage et la floraison qui changent au cours des saisons donnant une impression de vie.
L’effet protecteur d’une haie dépend de trois critères
de sa perméabilité
de sa hauteur
de son homogénéité

Savoir placer les haies brise-vent :
Des emplacements privilégiés sont à planter en priorité :
  • la bordure des chemins,
  • les bordures des ruisseaux, canaux, fossés,
  • les lignes de crête,
  • les limites de propriété
  • le pourtour des exploitations
  • les ruptures des pentes
  • les talus dégarnis.

Il faut prévoir un maillage fait de plusieurs haies perpendiculaires aux vents dominants.

Réussir une haie brise-vent :
Une préparation soignée du sol en septembre par un sous solage, un profond labour (au moins 60 cm), un passage de la rotobêche pour émotter la terre et l’ameublir est vivement conseillée.
La pose d’un film plastique, de 80 microns, d’une largeur de 1,10 mètre, spécial vigne, étalé sur un sol propre et humide est à faire après le décompactage pour éviter la concurrence des mauvaises herbes.
La plantation de jeunes plants fin novembre - début décembre peut se réaliser sur un rang ou en quinconce en choisissant des végétaux adaptés à la nature du terrain, au climat, à la région. C’est un gage de réussite et de bonne intégration au paysage.

Son fonctionnement
Une haie doit être perméable en filtrant l’air. Le mélange des espèces et des formes végétales minimise le risque de maladies ou de parasites et favorise un bon garnissage de la haie.
Une bonne protection est assurée sur une longueur de parcelle correspondant à 15 à 20 fois la hauteur du brise-vent.

Aides financières du Conseil Général de la Vendée
Le Conseil Général, sous l’autorité de son président Philippe de Villiers et de tous les conseillers généraux, s’est montré bienveillant auprès du monde agricole pour permettre à de très nombreux agriculteurs de planter ou de replanter des haies bocagères constituant le maillage bocager caractéristique de notre département.

Une subvention est accordée aux agriculteurs qui souhaitent planter une ou plusieurs haies pour une longueur minimum de 100 mètres autour de leur siège d’exploitation, le long des chemins et des routes et des voies d’eau.

Le Conseil Général donne une subvention, après la plantation, égale à 80 % du montant hors taxe du devis dans la limite de 2,30 euros au mètre.

Selon les techniques préconisées par l’I.D.F. (Institut pour le Développement Forestier), sur le terrain l’animation est confiée à la Chambre d’Agriculture et à la Direction Départementale de l’Agriculture. Le service est chargé de prendre tous les contacts avec les agriculteurs et les responsables des communes.

Des réunions de démonstration de plantation et de taille des arbres et arbustes ont lieu chaque année pour informer et former les agriculteurs et autres acteurs du monde rural et agricole.

Toute intervention dans le paysage fait désormais l’objet de débats, il en est ainsi des bâtiments agricoles modernes indispensables au développement de la production tout spécialement de l’élevage.

Si ce paysage, fruit du travail des générations passées, de leur mode d’appropriation et d’utilisation du sol ne peut être figé, il faut par contre bien admettre que des précautions doivent être prises pour y insérer un équipement nouveau souvent hétérogène par rapport à ce qui existe.

Connaître le bocage de son pays, savoir entretenir et régénérer les haies existantes, en replanter de nouvelles et en tirer le meilleur parti est à la portée de tous.

Marie-Françoise VOYER